Actualités - Revue de presse

Clément Tainmont : « A Charleroi, les supporters sont bouillants ! »
chullofoot.com - 12 mai 2015

De retour de blessure pour la dernière ligne droite des PO1, le médian carolo Clément Tainmont s’est livré à une interviewe exclusive. Interviewe sans concession d’un artiste du championnat belge…

Bonjour Clément ! Avant d’entrer dans le vif du sujet, j’aurais aimé ton avis sur un sujet délicat : c’est moche ce qui arrive au Valenciennes F.C. en ce moment, non ? Vous en parlez parfois avec Nicolas Panneteau, le gardien de ton club actuel ?

C.T. : « Nous discutons souvent du VAFC avec Nico ce qui paraît normal : je suis un enfant de Nungesser et Nico a joué une longue période dans ce club. C’est vrai que ça peut paraître triste la position actuelle que ce club occupe, mais je pense que dans la vie on n’a rien sans rien et que si le club en est la aujourd’hui, au même titre que d’anciens clubs de l’élite bien connus (Strasbourg, Grenoble, Lens), c’est que le travail de tout un club a été mal fait et qu’il a pris des directions qui, pour moi, ne correspondent pas à l’état d’esprit du club et à sa mentalité. Je suis persuadé que chaque supporter de ce club a le même avis que moi et c’est pour cela aussi que de moins en moins de supporters viennent au stade. Car l’âme est un peu partie. »

Si tu as commencé le football à VA, c’est pourtant vers d’autres cieux que tu as trouvé ta voie : Lesquin et Dunkerque en CFA, ensuite Reims puis Amiens en National, avant de retrouver le Stade Auguste-Delaune et de goûter aux joies de la Ligue 2 avec les Rémois. Quel souvenir global gardes-tu de ces premières années ?

C.T. : « Mon parcours est atypique car il a fallu que je quitte mon club de cœur pour tracer ma route et franchir division par division avant d’arriver dans l’élite et dans ce qui peut se faire de mieux. Il a fallu que je m’accroche, que je travaille, tout en continuant mes études afin d’arriver au bout de mon rêve. Chaque expérience m’a enrichi. J’ai vécu 3 montées successives, ce qui n’est pas rien dans une carrière, et j’ai acquis une certaine maturité au fil des saisons. Aujourd’hui, j’estime être complet pour exprimer au mieux mes qualités. »

Après cela, tu passes par Châteauroux avant de surprendre tout le monde en signant le 28 janvier 2014 au Sporting de Charleroi, qui lutte alors pour le maintien en D1 belge … qu’est-ce qui a motivé ton choix à l’époque ?

C.T. : « J’ai décidé de quitter Châteauroux et la France également car je pense avoir fait suffisamment le tour. J’avais envie depuis quelques saisons de partir a l’étranger et de vivre une nouvelle expérience dans un autre pays avec une autre mentalité. Alors, même si la Belgique est tout proche de la France, cela reste l’étranger et il est indéniable que la qualité de vie et la mentalité me correspondent à 100% en Belgique, et je m’y sens bien. A l’époque de mon transfert, je désirais plus que tout quitter Châteauroux : un club qui m’avait fait miroiter beaucoup de choses au niveau de leur projet sportif et qui n’a jamais vu le jour. La première saison était toutefois bonne pour ce club mais la deuxième était une véritable catastrophe : il n y avait pas d’ambiance dans le groupe, pas de plaisir et le coach a été viré, malheureusement pour lui. Les résultats sportifs n’étaient pas bons et je sentais qu’il était temps de quitter le club, sous peine de vivre une relégation future. Ce qui s’est passé ; je n’étais donc pas dans le faux. Le club de Charleroi m’a alors contacté 15 jours avant la fin du mercato d’hiver : il recherchait un flanc gauche capable d’amener vitesse, profondeur et centres. Je me suis déplacé un samedi voir un match et le jeu proposé m’a rapidement plu, je me suis tout de suite vu dans l’équipe avec mon profil. J’ai discuté avec le coach et les dirigeants et j’ai senti une symbiose entre eux et moi, je n’ai pas hésité : j’ai signé pour 2 ans et demi. Et aujourd’hui, mes performances personnelles et collectives me donnent raison. Je m’éclate dans ce championnat, je suis reconnu à ma juste valeur et je prends beaucoup de plaisir. »

La Jupiler Pro League connaît depuis quelques années un regain d’intérêt pour de jeunes joueurs français : si Jean-Pierre Papin demeure le plus emblématique depuis son éclosion à Bruges dans les années 80, Julien Gorius a relancé cette mode il y a quelques années et a été suivi par d’autres de tes compatriotes qui se sont rapidement imposés comme des valeurs sûres du championnat belge. Avec des gars comme Laquait, Perbet et Théréau, ton club du Sporting de Charleroi a largement contribué à cette nouvelle « French Touch » du football belge, French Touch sur laquelle tu surfes actuellement. Est-ce que Charleroi a compris quelque chose que n’ont pas encore compris les autres clubs en Belgique ?

C.T. : « Je ne pense pas qu’il n’y a que Charleroi qui ait compris que le vivier français était intéressant pour le championnat. Aujourd’hui, tous les clubs, même les plus grands, suivent le championnat français et ont plutôt le nez fin pour dénicher les bons joueurs. Ils sont capables d’identifier les profils susceptibles d’exploser en Belgique et ils le font plutôt bien. Ils se passent la même chose avec les Anglais qui, eux par contre, viennent chercher des Belges. »

Ce n’est pas un secret que le talent actuel de l’équipe national belge ne reflète pas vraiment le niveau de la D1 belge. Néanmoins, quel est ton avis sur le niveau du football au plat pays ?

C.T. : « Le niveau du championnat belge est très bon : tout le monde en France pense que c’est un championnat de seconde zone mais ils se trompent. Il y a des clubs de grande qualité, capables de rivaliser en Ligue des Champions et en Europa League contre les plus grands clubs d’Europe. Anderlecht est sorti d’un groupe où il y avait Arsenal, Dortmund et Galatasaray. Et Bruges est allé jusqu’en quart de finale de l’Europa League en étant la seule équipe invaincue de ce trophée. Cela veut dire quelque chose. Il y a énormément de joueurs de qualité dans ce championnat qui partent ensuite dans les plus grands clubs d’Europe et le jeu proposé est vraiment intéressant. Les stades sont quasiment tout le temps plein, les ambiances sont géniales. Il y a vraiment de quoi s’éclater en Belgique. »

Et s’il évoluait dans l’actuelle Ligue 1, où se situerait Charleroi au classement ??

C.T. : « Je ne suis pas en mesure d’étalonner mon équipe par rapport à la Ligue 1 française car je ne l’ai pas connue, mais ce que je sais c’est que le niveau est bien supérieur à la Ligue 2. Je pense que Charleroi jouerait la 10ème place en L1. »

Il faut dire aussi que Charleroi réalise l’une des meilleures saisons de son histoire ! Qu’est-ce qui fait le succès actuel du club ?

C.T. : « Le succès actuel du club vient d’abord des dirigeants qui ont su être intelligents au mercato pour garder leurs meilleurs éléments et renforcer par des joueurs de talent. Ensuite, le groupe en lui-même est fantastique. Il y règne une belle ambiance et tout le monde est au diapason de l’équipe et de ses partenaires. Enfin, tout le mérite en revient également au coach, Felice Mazzú, qui est une personne extra et qui sait garder tout son groupe en éveil : il est pour moi le meilleur coach que j’ai connu dans ma carrière. Il est dur dans le travail, d’où nos résultats, mais il est aussi très humain en dehors : il connaît ses joueurs à la perfection et il sait sur quel levier appuyer en fonction de chacun et de chaque caractère. Il s’inspire des plus grands coaches et ça lui réussit. C’est pour cela que même ceux qui ne jouent jamais ne disent que du positif de lui. Beaucoup devraient s’en inspirer en France, c’est mon avis. Gérer son équipe, c’est aussi gérer les hommes pour tirer le max de chacun. »

Et les supporters, réputés assez chauds au pays, reviennent tout doucement en nombre au stade. Comment ressens-tu leur soutien ? Leur présence ? Quelle relation as-tu avec les supporters ?

C.T. : « Les supporters sont bouillants : ils te foutent le frisson et, ça, c’est le plus grand plaisir quand tu joues au foot. On ressent un grand soutien du public qui paraît très familial et qui soutient tout le monde. Ma relation avec eux est parfaite, je me sens comme chez moi. Je n’ai pas hésité à les rejoindre lorsque j’étais suspendu ou encore, après une victoire, il m’arrive quelques fois de prendre le mégaphone avec mon fils et de chanter « Aux armes » avec 15000 personnes. C’est fabuleux ce que je vis actuellement. »

Belga

Après l’effort, le réconfort pour Clément qui entonne un chant face aux Storm Ultras avec son fils (Belga)

 

Qu’est-ce que l’on peut te souhaiter pour la fin de saison ?

C.T. : « Pour la fin de saison, on espère accrocher la 4ème place, synonyme d’Europa League. On va tout faire pour atteindre l’objectif afin de conclure une saison passionnante. A titre personnel, il reste trois matches, donc continuer mes bonnes prestations et être encore plus décisif. »

Et la prochaine ?

C.T. : « Pour la saison prochaine, on peut me souhaiter autant de succès et réussites que jusqu’ici. Continuer à faire grandir le club. Éviter toutes blessures. Être encore plus décisif et augmenter mes statistiques. »

Pour conclure, comment pourrais-tu expliquer à nos lecteurs le principe des playoffs dans le championnat belge… ? Car c’est quand même pas très clair tout ça… !

C.T. : « Trop long à expliquer (rires) ! Allez voir le règlement sur le site de la Pro League. C’est une belle histoire belge ! »

Merci Clément et bonne fin de saison !

C.T. : « Merci à vous et longue vie à vous ! »

Interviewe réalisée pour le compte de TLM s’en foot.fr

Publication originale

Romain Veys

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mercredi 05 juillet 2017 à 18h00
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Résumé de la rencontre

 

Classement

CL
équipe
PTS
1.
Royal Sporting Club Anderlecht
52
2.
Club Bruges KV
45
3.
KAA La Gantoise
41
4.
KV Ostende
37
5.
Royal Charleroi Sporting Club
35
6.
SV.Zulte Waregem
33

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